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La XVe législature : Pastef, quel « projet » de représentativité pour les femmes à l’Assemblée nationale ?

« Etre femme ce n’est pas une donnée naturelle, c’est le résultat d’une histoire. On ne nait pas femme, on le devient.»
(Simone de Beauvoir, Deuxième Sexe)
    Ces propos de Simone de Beauvoir, philosophe et écrivaine française, montre la place depuis toujours, que la société a accordée à la femme et le rôle de subordination qu’elle lui a attribué. Cependant, la femme demeure le centre organisationnel des activités de la société notamment la politique.  En effet, la politique, considérée comme un champ clos de rivalités, un jeu d’intérêt, reste l’apanage des hommes qui s’y semblent mieux outillés que les femmes. Toutefois, au Sénégal, depuis longtemps, malgré la discrimination et les obstacles religieux et socioculturels à surmonter, les femmes ne cessent de jouer un rôle important dans l’échiquier politique. L’éveil d’une conscience sociale et politique des femmes sénégalaises, convaincues, désormais, de l’importance de leur rôle dans une société africaine en pleine mutation, n’est pas chose toute récente. Elles ont toujours été à l’avant-garde des conquêtes sociales et politiques. 

24 septembre 2024 à 07:00 | Par JaabuTv

JaabuTv article

Au lendemain des indépendances, le Président de la République d’alors, Léopold Sédar Senghor affirmait " qu’il n’y aura de révolution des mentalités, il n’y aura de construction nationale au Sénégal, en Afrique, que si les femmes et les jeunes filles assumeraient pleinement leur responsabilité de citoyennes dans la Cité". Une responsabilité qu’elles avaient toutefois prises dans la lutte pour la souveraineté où elles étaient activement engagées. Mais, l’engagement des femmes dans la politique ne revêtait en rien une quelconque spécificité. Ainsi, pour entrer dans le contexte politique actuel du pays, engendré par les élections législatives de novembre 2024, les femmes ont attendu la troisième législature pour être faiblement représentées au Parlement. C’est en 1968 que « le peuple féminin » eût sa première représentante au Parlement ; il s’agit de Caroline Faye ; une seule femme député sur quatre-vingt (80) hommes.
  À l’époque, la plaidoirie masculine s’accentuait sur l’intelligentsia féminine, jugée incapable de discuter sur les problèmes et d’envisager des solutions adéquates pour l’évolution des conditions sociales du peuple. 
        Pourtant, le nombre de femmes instruites pour faire objection aux thèses discriminatoires, n’était pas si signifiant. Mais il y avait de la qualité. Elles n’avaient rien à envier aux hommes avec qui d’ailleurs, pour la plupart, elles étaient promotionnaires.
     Et depuis, même si, elles ont du mal jusque-là, à percer dans les instances de décisions de leurs partis ainsi que dans les structures électives dont l’Assemblée nationale, les femmes se battent pour ne plus animer seulement la galerie et assurer la mobilisation. Elles ont compris que le Sénégal indépendant ne saurait se construire sans leur participation effective. Elles réclament plus de responsabilités. Ce dont les partis ont pris conscience depuis le Président Abdou Diouf qui avait décidé d’adopter une nouvelle politique qui assignera certaines fonctions à la femme dans le landerneau politique. Sous le Président Diouf, la femme était de plus en plus  vue dans la sphère politique. Néanmoins, la candidature des femmes aux élections surtout législative était heurtée aux réticences des partis d’où le nombre faible de femmes députés aux élections législatives de 1998 (quatorze (14) sur cent vingt (120) en 1998), la dernière législative sous son magistère.   
   C’est l’alternance en 2000, avec le Président Abdoulaye Wade qui dans sa politique de consolidation démocratique, voulait permettre aux femmes d’être représentatives, en essayant avec la parité de dévoiler le « mythe » socioculturel et religieux qui les reléguait toujours au second plan. Avec le Président Wade, il y avait du « sopi » (changement). Les femmes étaient au cœur de l’alternance ; elles occupaient des postes qu’elles n’ont jamais prétendus avoir et leur nombre augmentait à l’Assemblée nationale, même si, c’est aux législatives de 2017 et 2022, sous le Président Macky Sall, que le pourcentage des femmes députés était assez signifiant du fait de l’élargissement du nombre des représentants du peuple.       
   Or, aujourd’hui, Pastef, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité, porté à la magistrature suprême au mois de mars 2024, dans son « projet » d’un Sénégal juste et prospère dans une Afrique en progrès, les femmes influentes, qui sait-on que toute chose dans nos sociétés les échappe, ne saurait être gage de succès, ne sont pas, pourtant prôné par le « projet » lui-même, et  mises au cœur de sa réalisation.  
Le « projet », pour sa bonne mise en œuvre, doit dès les prochaines législatives, corriger sa politique féminine, en inscrivant un nombre important de femmes dans les listes.
    En effet, dissoute par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye, la XIVe législature, avait dès sa naissance (installation) montré les signes de son faible taux d’espérance de vie. Par conséquent, appelés aux urnes le 17 novembre 2024, les Sénégalais choisiront leurs représentants à l’hémicycle. Cette XVe législature, la première élection du tandem Diomaye-Sonko, et dont le « projet » aurait accordé une place particulière aux femmes, ne devrait-il pas leur réserver un fort taux de représentativité à l’Assemblée nationale? Or, le régime du Président Faye, avec son premier gouvernement où les femmes sont largement sous représentées, n’augure rien de bon pour l’émancipation de la gent féminine dans l’échiquier politique.
    En outre, avec ce nouveau régime, pour l’instant, les femmes se voient octroyer insuffisamment les postes de directions de grande envergure socio-économique. Par conséquence, le « projet », dans ses porteuses, existe-t-il certaines compétences, désormais, nous disent-ils, le facteur de nomination aux services du pouvoir ? 
     Contrairement aux régimes précédents, pour celui-ci, jusque-là, rares sont les femmes leaders dans les zones du pays où l’électorat est de forte densité. Les hommes occupent les premiers rangs dans les instances de décisions.
      De ce fait, pour cette quinzaine législature, avec l’innovation du parti au pouvoir, qui pour la transparence et l’égalité des chances, affirme que tout membre souhaitant représenter son département, doit candidater à la candidature, la proportion des femmes de Pastef et/ou de la Coalition Diomaye Président, sera probablement déficiente. Elles ne seront pas chanceuses en conséquence, d’être en « parité » dans la liste nationale. 
     Enfin, depuis qu’elles ont accédés au parlement jusqu’à présent, aucune n’a été la chef du pouvoir législatif au Sénégal. En attendant de voir la composition de la liste nationale du parti au pouvoir, sur une probabilité des faits, Aminata Touré, tête de liste de Benno Bokku Yaakar lors des dernières législatives, qui avait été plébiscitée pour le titre de la Présidente du Parlement, avant de se voir préferer en dernier lieu Amadou Mame Diop.
 Aujourd’hui, membre de la coalition Diomaye Président, pourrait elle devenir  la première « Présidente  » de l’Assemblée nationale du Sénégal?

 

                                             EL H I Thiam

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