MENTORAT
16 jours d'activisme contre les VBG
La SENAF explique le triange de feu aux badienou gokh
La cérémonie de finissage de la SENAF (Senegal Actions Féministes) a eu lieu ce vendredi à la maison des cultures urbaines de Ouakam. L'occasion a été doublement saisie de participer à la biennale des arts et à la campagne des 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre pour utiliser l'art afin de sensibiliser les populations. Pour ce faire, les badienous gokh attentives et studieudes ont massivement répondu à l'invitation de la Senaf pour être des relais efficaces auprés de la population. Un panel animé par Bigué Bopp a réuni L'artiste Fanta Cissé alias ISMA et la Badiénou Gokh Ngoné Sarr.
09 décembre 2024 à 11:07 | Par JaabuTv
L'exposition avait porté sur le théme voix du silence : les risques de l'avortement clandestin. Elle illustre les étapes périlleuses auquelles s'exposent celles qui s'adonnent à l'avortement clandestin. Une mise en scéne frappe les esprits d'entrée. En évidence sur la scéne , trois cases font face à la scéne, le mur au fond est noir. On distingue quelques pancartes ou on lit les termes suivants: "dénonciation, sensibilisation, espoir, mort".
Une des cases exprime le regard de la société et dans ces cas là les mots de Jean Paul Sartre trouvent échos "l'enfer c'est les autres". La case soins de santé est souvent un raccourci vers la prison. A moins que ce ne soient les séquelles. En effet les femmes qui ont recours à cette pratique, ont souvent des complications qui les suivent à vie. En cas d'infection, elles sont obligées de se rendre dans les soins de santé et c'est automatiquement la dénonciation qui les méne à la prison. En dehors de cela , il y a la case mort, une tombe installée dans la troisiéme case remplie de sable nous rappelle ce destin funeste qui arrive souvent aux femmes qui pratiquent l'avortement clandestin.
Pourtant, rappelle Badiene Ngoné Sarr ; la présidente de l'association des badienou gokh, beaucoup de femmes qui pratiquent l'avortement clandestin le font parce qu'elles sont soit victimes de viol ou d'inceste. Alors que Le Sénégal a ratifié la convention de Maputo qui l'autorise dans ces cas là, la société sénégalaise est toujours réfractaire à cause des résistances religieuses notamment et juridiques. Et ainsi les femmes victimes de viol sont obligées de garder l'enfant, et les victimes d'incestes également malgré qu'elles soient ensuite confrontées à la difficile équation de l'idéntité de l'enfant.
Un spectacle de danse et slam a mis fin à cette cérémonie. Trois femmes artistes réunies en résidence pendant une semaine ont proposé un spectacle alliant jeux de mots, expression scénique et musique. Il s'agit de la slameuse Fatim SY ; de la danseuse Aida Camara et de DJ Nina . Elles ont produit un émouvant tableau ou une fille victime d'inceste cherche à comprendre et interroge son pére "papa pourquoi moi?_
Comme l'explique Mme Ndeye Fatou Tounkara Présidente de Sénégal Actions Féministes " le choix porté sur la période de la biennale de Dakar pour tenir cette activité n'est pas fortuite car la SENAF s'appuie sur le slam; la danse et les grafittis pour sensibiliser sur la santé de la reproduction.
Jaabu

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