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Accès des femmes à la terre : Maroua trace une voie pour le Sahel et l’Afrique

Maroua, Cameroun — Septembre 2025 Dans la ville de Maroua, au nord du Cameroun, un atelier de validation s’est tenu les 4 et 5 septembre 2025, autour d’un enjeu aussi ancien que structurant : l’accès des femmes à la terre.

15 septembre 2025 à 16:08 | Par JaabuTv

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Accès des femmes à la terre : Maroua trace une voie pour le Sahel et l’Afrique

Maroua, Cameroun — Septembre 2025 Dans la ville de Maroua, au nord du Cameroun, un atelier de validation s’est tenu les 4 et 5 septembre 2025, autour d’un enjeu aussi ancien que structurant : l’accès des femmes à la terre. Organisé dans le cadre du projet de conservation des zones humides du bassin du lac Tchad, mis en œuvre par Alinéa International avec le soutien de Affaires mondiales Canada, l’événement a réuni des représentants ministériels, des organisations communautaires, des agences internationales et des acteurs de la société civile.

L’objectif était clair : formaliser un Plan d’Action Genre et Foncier (PAGF), conçu pour corriger les inégalités persistantes dans l’accès et le contrôle des terres par les femmes, dans une région où les pressions climatiques, démographiques et sociales rendent la gouvernance foncière plus urgente que jamais.

« Ce plan d’action est le fruit d’un dialogue entre institutions et communautés. Il vise à repositionner les femmes comme actrices de la gouvernance foncière, dans un contexte où leur rôle est souvent ignoré », a déclaré Mohamadou Oumarou, gestionnaire pays d’Alinéa International.

Pendant deux jours, les participants ont confronté les données de l’analyse comparative entre les sexes (ACS+) aux réalités du terrain, aux blocages institutionnels et aux opportunités de réforme. Le plan validé propose des mesures concrètes, des indicateurs de suivi, et un calendrier de mise en œuvre sur 24 mois, avec une entrée en vigueur immédiate dans la plaine de Waza-Logone.

« L’accès des femmes à la terre ne relève pas de la bienveillance, mais d’une exigence structurelle. Ce plan est un outil de transformation, pensé pour produire des effets mesurables et durables », a affirmé Baltazar ATANGANA, expert en genre et facilitateur principal de l’atelier.

Au-delà du cas camerounais, cette initiative résonne fortement dans l’ensemble du Sahel, où les femmes jouent un rôle central dans la production agricole, la gestion des ressources naturelles et la résilience des ménages, tout en restant largement exclues des mécanismes de sécurisation foncière. Du Sénégal au Niger, du Mali au Tchad, les dynamiques sont similaires : des systèmes coutumiers dominants, une faible reconnaissance juridique, et une invisibilisation des femmes dans les politiques publiques.

« Ce plan nous parle. Il part de nos contraintes, de nos vécus, et surtout, il nous implique dans sa mise en œuvre. C’est une avancée que nous attendions depuis longtemps », a confié une participante issue de la société civile.

L’atelier s’est conclu par la signature d’une déclaration d’engagement institutionnel et communautaire, engageant les acteurs présents à soutenir la mise en œuvre du PAGF dans les zones humides du bassin du lac Tchad. Ce moment marque une inflexion : celle d’une gouvernance foncière qui ne se contente plus de diagnostiquer les inégalités, mais qui commence à les corriger.

Dans un contexte sahélien marqué par les recompositions territoriales, les conflits d’usage et les crises climatiques, l’expérience de Maroua offre une grille de lecture et d’action pour les pays de la région. Elle rappelle que la terre, en Afrique, n’est pas seulement un actif économique — c’est un espace de pouvoir, de dignité et de justice. Et que sans les femmes, ce pouvoir reste amputé.

 

Lionel Awalayoulan

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