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Kadia SALL: Filmer pour guérir

Kadia Sall est une réalisatrice, productrice et actrice sénégalaise, fondatrice de K-Cinergy Prod. Son cinéma part toujours d’un même endroit : le corps, la mémoire, et la guérison. Elle interroge les parcours de résilience. Son premier film est comme une thérapie, elle nous transporte dans un voyage intérieur, une rencontre intime entre le soi de maintenant et la petite fille du passé, scrutant ensemble le chemin parcourant, sans jugement mais avec bienveillance. Un véritable processus de guérisonSous la bannière de WIFT Sénégal accompagnée par ACA et financée par ADPME. Elle a participé à l’Edition 2026 du festival de Cannes et en dresse un bilan satisfaisant en nous présentant ses perspectives. Entretien avec une femme de cinéma.

22 juin 2026 à 11:31 | Par JaabuTv

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Comment êtes-vous entrée dans le cinéma ?

Mon entrée dans le cinéma n’a rien eu de linéaire. J’ai fait beaucoup de castings, décroché quelques petits rôles, participé à des projets qui n’ont jamais vu le jour ou qui ne sont jamais arrivés à terme. Et puis, un jour, comme un cheveu dans la soupe j’accompagnais des jumelles à un casting, sans aucune intention de passer moi-même devant la caméra et c’est moi qui ai été choisie pour le 1er rôle. C’est là, dans ce hasard total, que tout a vraiment commencé.

 

Quel a été le déclic qui vous a donné envie de réaliser ?

Mon film est né d’une nécessité, pas d’un projet. J’écrivais pour moi-même, sans savoir que ça deviendrait un film. Mais je me suis dit que si cette histoire devait un jour exister à l’écran, elle devait être écrite par une femme ; et qui plus est, par la femme la plus légitime à la raconter : celle qui l’a vécue. Tout est parti d’une introspection, née de mes nombreux mariages et divorces. Il fallait que je fasse un voyage dans le temps pour réparer certaines choses et panser mes blessures. Réaliser, pour moi, c’est devenu une façon de me soigner moi-même.

 

 Quels thèmes traversent le plus souvent vos films ?

Mes films tournent essentiellement autour de la guérison ; celle du corps, celle de l’âme, celle du mental. La santé mentale est sans doute le fil rouge qui revient le plus dans mon écriture. À cela s’ajoutent deux autres piliers : la résilience, et la spiritualité, qui me sert souvent de grille de lecture pour comprendre et traverser ces blessures.

 

Quelle place occupe le Sénégal dans votre écriture cinématographique ?

Le Sénégal est présent partout dans mes histoires dans la mise en scène, le stylisme, les décors, les espaces que je choisis. Mais ce qui revient le plus, c’est l’utilisation de nos langues locales, particulièrement le wolof. Il y a aussi notre réalité : le Sénégal est un pays profondément religieux, et j’intègre cette dimension dans mes réflexions, que ce soit à travers le christianisme, le catholicisme ou l’islam. L’essentiel pour moi, c’est de montrer cet esprit sénégalais qui est foncièrement spirituel et religieux.

 

 

Que représente pour vous une présence au Festival de Cannes ?

Cannes représente pour moi une grande opportunité, une porte qui s’ouvre, une lumière qui m’a confirmé que le cinéma est ma vocation. Pendant longtemps, j’ai été quelqu’un qui se cherchait. Cannes m’a montré qui je suis, et m’a donné la certitude que j’avais ma place là-bas, cette légitimité d’y être. Au-delà des nombreuses rencontres que ce festival m’a permis de faire, c’est surtout une révélation intérieure : j’ai compris à quel point je suis destinée au cinéma.

 

 Est-ce votre première participation à Cannes ?

Oui, c’était ma première fois au Festival de Cannes. J’ai eu la chance que mon film JUDDUWAAT soit sélectionné au Short Film Corner.

 

Quel regard portez-vous sur la place des femmes africaines dans les grands festivals internationaux ?

 

Je pense qu’il était temps. Les femmes ont énormément de choses à dire, et pendant trop longtemps, on ne nous a raconté que la version des hommes. Dans la plupart des récits qu’on nous a proposés, ce n’est pas la vision de la femme que l’on voit, mais la vision de la femme telle que l’homme l’imagine ou la fantasme. Ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est qu’on puisse enfin écouter les femmes elles-mêmes ; leur sensibilité, leur vécu, leur regard sur leur propre vie.

C’est un combat qui dépasse le cinéma pour moi. En tant qu’Ambassadrice pour FAMEDEV, je lutte au quotidien contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Je pense qu’il était temps. Les femmes ont énormément de choses à dire, et pendant trop longtemps, on ne nous a raconté que la version des hommes. Dans la plupart des récits qu’on nous a proposés, ce n’est pas la vision de la femme que l’on voit, mais la vision de la femme telle que l’homme l’imagine ou la fantasme. Ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est qu’on puisse enfin écouter les femmes elles-mêmes ; leur sensibilité, leur vécu, leur regard sur leur propre vie. Et je crois profondément que le cinéma est une extension de ce combat : c’est une autre façon de donner une voix à celles qui n’en ont pas, de montrer ce qu’elles vivent et ce qu’elles ressentent vraiment.

La place des femmes africaines dans les grands festivals, c’est exactement ça : la possibilité de ne plus être racontées, mais de raconter et à travers ça, de continuer à se défendre et à défendre les plus vulnérables.

 

 Avez-vous senti une évolution ces dernières années concernant la visibilité du cinéma africain ?

 

Oui, clairement. Ce que j’ai pu observer récemment, notamment lors de mon passage au Festival de Cannes, c’est que le cinéma africain est de plus en plus recherché. Beaucoup de festivals sont à la recherche de contenus africains, et de nombreux producteurs cherchent désormais des coproductions avec l’Afrique ; j’ai par exemple remarqué l’intérêt grandissant des producteurs indiens, qui cherchent carrément à s’installer sur le continent pour développer des productions africaines. C’est un signal fort : nos contenus montent, et ils suscitent un véritable engouement à l’international en ce moment.

 

 Quels sont aujourd’hui les principaux obstacles pour une réalisatrice sénégalaise qui veut accéder au marché international ?

Les obstacles sont nombreux. D’abord, nous sommes peu nombreuses à vouloir faire ce métier et à vouloir nous imposer dans un milieu qui reste profondément machiste, où l’on nous a habituées à ce que ce soit les hommes qui racontent les histoires y compris les nôtres.

Mais la difficulté est plus profonde encore : c’est toute une société qui ne donne pas à la femme la force de s’exprimer. Au Sénégal, la femme est souvent reléguée au second plan. Il y a trop de tabous, trop de sujets dont on nous apprend à ne pas parler. Et dès qu’une voix de femme s’élève, on la juge, on la met de côté, on la considère comme problématique on essaie de la faire taire.

On nous apprend la soumission. On nous apprend à accepter sans rien dire, à être belle plutôt qu’à être entendue. On ne pense pas qu’une femme puisse être assez légitime ou assez intelligente pour débattre de sujets importants, ni même qu’elle ait le droit d’en parler. Alors avant même de penser au marché international, c’est déjà tout un combat que de simplement avoir le droit d’exister en tant que voix, en tant que réalisatrice, dans son propre pays.

 

Est-il difficile aujourd’hui de financer un film porté par une femme africaine ?

Aujourd’hui, de plus en plus de femmes s’imposent pour se faire financer. Il faut reconnaître que le gouvernement a mis en place des structures qui visent à soutenir l’engagement des femmes, que ce soit dans le cinéma ou dans d’autres domaines. Mais il faut aussi dire qu’il existe beaucoup de secteurs plus faciles à financer que le cinéma ; peut-être parce que nos autorités ne perçoivent pas encore tout son potentiel, ou ne sont pas suffisamment informées de son importance réelle.

 

Et pourtant, le cinéma rapporte. Il apporte des trophées à notre pays, et le Sénégal commence à être reconnu mondialement pour ses contenus. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que les hommes déjà installés dans le milieu ont plus de chances d’être financés que les réalisatrices qui émergent. Il faut dire aussi que la plupart des réalisatrices sénégalaises d’aujourd’hui sont encore jeunes dans le métier ; on manque encore de figures féminines qui ont duré assez longtemps dans le cinéma pour avoir cette légitimité reconnue par tous.

 

Mais c’est à nous de nous battre. Et comme je le dis souvent : on n’a pas besoin de demander ce qui nous revient de droit, on va le chercher. Une femme peut avoir tout ce qu’elle veut, à partir du moment où elle décide de le vouloir vraiment , elle n’a qu’à aller le prendre. Je suis prête, personnellement, à faire le maximum pour financer mes films, que ce soit au Sénégal ou ailleurs. Et si le Sénégal ne veut pas nous accompagner pour porter notre pays plus loin, alors nous irons chercher ces financements ailleurs pour montrer notre Sénégal tel qu’il devrait être vu.

 

 Pensez-vous que les récits africains sont encore trop formatés pour répondre à des attentes extérieures ?

Je pense qu’il y en a, oui, qui formatent leurs récits pour répondre à des attentes extérieures. Mais il y a aussi celles et ceux qui croient profondément en leur culture, en leur propre vision et j’en fais partie. Moi, je montre le Sénégal que je vois, le Sénégal que je connais, le Sénégal que je vis. Pas le Sénégal qu’on a envie de voir, ni celui qu’on a l’habitude de nous montrer. Parce que ce n’est tout simplement pas celui que je ressens.

 

Et si je suis comme ça, je me dis que d’autres peuvent l’être aussi. Je pense qu’il y aura toujours des récits qui chercheront à se formater pour plaire à l’extérieur, mais il y aura aussi, toujours, des voix qui resteront authentiques.

 

 Quels changements souhaiteriez-vous voir dans les politiques de soutien au cinéma africain ?

Je suis encore jeune dans ce métier de réalisatrice, donc je ne maîtrise pas dans le détail toutes les politiques de soutien au cinéma africain. Mais s’il y a une chose que je souhaiterais voir changer, c’est qu’on arrête de financer en dessous des besoins réels des projets. On ne peut pas demander cent millions et n’en recevoir que vingt-cinq. Cela crée énormément de frustrations, de restrictions, et finit par nuire à l’efficacité et au professionnalisme du travail.

 

Heureusement, nous avons des réalisatrices et réalisateurs suffisamment créatifs pour ne pas se laisser bloquer par le manque de moyens ; on arrive parfois à faire des films avec très peu. Mais un film pensé pour cent millions et réalisé avec vingt-cinq millions change forcément de direction, d’ambition, parfois même de sens. C’est dans cette cohérence entre le besoin réel et le financement accordé que je crois qu’il y a des changements urgents à opérer.

 

 Quel rôle peuvent jouer les plateformes africaines indépendantes comme Jaabu TV ?

Je pense que des plateformes comme Jaabu TV jouent un rôle assez important. Elles nous aident à avoir plus de visibilité, à mieux diffuser nos contenus, et surtout à toucher une audience suffisante pour exprimer nos besoins en formation, en financement, ou pour tout ce qu’on essaie de faire connaître et de vulgariser. C’est aussi une façon d’avoir une voix, d’être mieux entendues. Pour moi, ce genre de plateformes représente une véritable opportunité de pouvoir exprimer et faire exister nos besoins. Mais surtout une telle plateforme nous informe de l’essentiel et nous permet de rester connecter à nos réalités.

 

 

 Pourquoi est-il important que les femmes africaines racontent elles-mêmes leurs histoires ?

Il est important que les femmes racontent elles-mêmes leurs propres histoires parce qu’elles sont les seules légitimes à le faire. Ce sont elles qui les vivent, qui les ressentent, qui les connaissent dans leur chair. Les hommes n’ont aucune réelle idée de la façon dont les femmes vivent certaines situations. On a tellement eu l’habitude de les entendre nous raconter nos propres histoires que, bien souvent, on ne s’y retrouvait jamais vraiment. 

Quand c’est une femme qui raconte, l’histoire devient plus palpable, plus réelle, plus sensible parce qu’on ne cherche pas à l’embellir, on ne cherche pas à amadouer, on ne cherche pas à la formater pour plaire à l’autre. On la raconte telle qu’elle est. Et surtout, on la raconte telle qu’elle devrait être racontée, pour qu’on puisse apporter de vraies solutions aux vrais problèmes, et pour pousser la réflexion vers une Afrique meilleure.

 

Quels récits sur les femmes africaines aimeriez-vous voir davantage à l’écran ?

Les récits que j’ai envie de voir, ce sont évidemment ceux qui me parlent le plus : le spirituel, la résilience, mais aussi cette dimension de guérison, des films qui parlent de développement personnel, de santé mentale, qui osent aborder les sujets tabous et qui militent contre toutes les formes de violence faites aux femmes.

J’ai aussi envie de voir des récits sur la sororité, sur la solidarité entre femmes. Aujourd’hui, les rôles qu’on nous donne nous montrent trop souvent des femmes qui se déchirent entre elles, ou qui vivent la polygamie en l’acceptant. Ce n’est pas ma réalité, et je ne la cautionne pas. La polygamie qu’on nous montre aujourd’hui n’est pas celle qui était autorisée dans notre religion, celle-ci devait être juste, et nous savons tous que cette justice-là est rarement respectée. Je veux voir des femmes qui s’assument, des femmes responsables et professionnelles. On a trop souvent réduit la femme au rôle de femme au foyer et je respecte profondément ce rôle, mais il ne peut pas être le seul qu’on nous propose. J’ai eu la chance d’interpréter des femmes leaders, des femmes qui se battent, des féministes affirmées, des fortes têtes et c’est ce type de rôle qu’il faut multiplier : la guerrière, celle qui porte le monde sur ses épaules.

Parce qu’il y a énormément de femmes, à travers l’histoire, qui ont façonné ce monde, qui ont permis à des hommes de devenir qui ils sont, et dont on ne parle jamais. C’est cette mémoire-là que j’ai envie de voir racontée à l’écran. Et honnêtement, j’en ai assez de voir des récits où les femmes sont réduites à la jalousie, à la rivalité, ou pire.

 

Selon vous, quels clichés persistent encore sur le cinéma africain ?

J’ai déjà évoqué certains clichés dans la question précédente, mais il y en a un autre qui me tient particulièrement à cœur : cette volonté persistante de montrer une Afrique figée, qui n’a pas évolué, une Afrique pauvre, des espaces qu’on filme comme si on était encore au dix-neuvième siècle, alors que nous avons considérablement évolué. Nous avons aujourd’hui de beaux immeubles, de belles maisons, des personnes érudites, qui ont appris, qui ont évolué mentalement, psychologiquement et intellectuellement.

J’ai envie qu’on nous montre un nouveau cinéma africain, qu’on ne reste pas figés dans les codes d’un cinéma plus ancien qui insiste toujours sur la lenteur et l’imperfection. Je ne demande pas qu’on nous montre des œuvres parfaites car aucune œuvre ne l’est mais qu’on arrête de nous montrer cent pour cent d’imperfection, quand on pourrait justement refléter cette part, parfois même majoritaire, d’évolution, de révolution et de changement qui est aussi la nôtre.

 

 Le cinéma peut-il devenir un outil de transformation sociale en Afrique ?

Bien sûr que le cinéma peut devenir un outil de transformation sociale. Ce n’est pas propre à l’Afrique c’est universel, et ça fonctionne partout dans le monde. Alors pourquoi pas chez nous ? Le cinéma a cette force-là partout ailleurs, il n’y a aucune raison qu’il ne puisse pas jouer ce rôle en Afrique aussi.

 

 Quel conseil donneriez-vous à une jeune Sénégalaise qui rêve de devenir réalisatrice ?

Mon conseil, c’est celui que je me suis donné à moi-même en premier : va apprendre. Forme-toi, cherche à comprendre le métier, ne t’arrête pas à l’envie ou au rêve ; donne-toi les moyens de les concrétiser.

 

Qu’avez-vous appris dans votre parcours que vous auriez aimé savoir plus tôt ? J’aurais aimé savoir plus tôt comment chercher des financements pour mes projets, plutôt que d’utiliser mon propre argent pour produire mes films. Mais c’est souvent le sort des premiers films : soit on les produit avec ses propres fonds, soit on fait appel à ses proches, à sa famille. Dans mon cas, j’ai choisi la première option : je me suis autoproduite.

 

 Pensez-vous qu’il est important de créer davantage d’espaces de mentorat pour les jeunes femmes africaines dans le cinéma ?

Bien sûr, c’est essentiel. Nous avons beaucoup d’imagination, beaucoup de vécu, beaucoup à dire et beaucoup d’expérience à partager. Mais malheureusement, nous n’avons pas toujours les occasions ni les espaces pour évoluer. Et même quand on trouve ces opportunités ailleurs, se faire financer pour y accéder obtenir des bourses, par exemple reste très difficile. Honnêtement, je ne connais pas encore tous les chemins pour y arriver moi-même, et je suis toujours à la recherche. Donc si vous avez des pistes, je suis preneuse !

 

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Je travaille actuellement sur ma trilogie. JUDDUWAAT en était le premier volet, l’introduction. Je développe aujourd’hui les deux films suivants, qui poursuivent ce chemin de la guérison toujours autour de la résilience, de la spiritualité, de l’espoir, et qui sont presque une manifestation à l’univers pour réaliser mes rêves. Ce sont des films qui me tiennent énormément à cœur, tout comme le premier.

Ce sont d’ailleurs ces trois films que j’ai essayé de présenter et de vendre au Festival de Cannes. J’ai eu le sentiment que les gens étaient réellement à l’écoute, et prêts à produire ce type de contenu donc je croise les doigts pour que ça donne de belles suites. Je suis vraiment en train de les développer, dans l’optique de réaliser ensuite mon premier long métrage : non pas un résumé de cette trilogie, mais une continuité, une biographie encore plus large de mon parcours.

 

Quel est votre plus grand rêve cinématographique ?

J’ai deux grands rêves. D’abord, commencer à tourner dans de grands projets internationaux, jusqu’à être reconnue, pourquoi pas, même au niveau d’Hollywood. Mais aussi être reconnue comme une grande réalisatrice du Sénégal, dans le monde entier. Je rêve de faire de gros films, avec de gros budgets mais pas seulement. J’ai envie que ce soient des films qui rencontrent un vrai succès, pour avoir l’occasion de raconter nos guerriers, de raconter nos histoires, et de vendre mon pays au monde entier.

 Où voyez-vous le cinéma africain dans dix ans ?

Je vois le cinéma africain là où sont les États-Unis aujourd’hui.

Quelle trace souhaitez-vous laisser à travers votre œuvre ?

J’ai envie que mes œuvres aient un véritable impact dans la vie des gens. J’ai envie de guérir, d’aider, de booster, de donner de la force, d’éduquer.

 

Si vous deviez résumer en une phrase la femme africaine d’aujourd’hui, que diriez-vous ?

La femme africaine d’aujourd’hui ne doit avoir aucune limite : elle doit pouvoir faire tous les métiers, dits “d’homme” ou non, et dire ce qu’elle pense sans avoir besoin d’élever la voix pour être enfin écoutée.

 

 Votre émotion en arrivant à Cannes ?

Je me suis sentie chez moi. J’ai senti que c’était ma vocation, que j’étais légitime.

 

Une image qui vous représente aujourd’hui ?

Une femme qui renaît. Qui a traversé la peur, le doute, et qui en est sortie alignée, sans plus chercher la validation des autres.

 

Que manque-t-il encore aux femmes africaines dans le cinéma ?

Le soutien des hommes, et le soutien du gouvernement.

 Un mot pour les jeunes filles africaines qui vous regardent ?

Croyez en vous, en vos capacités.

 Le futur du cinéma africain en un mot ?

Sans inquiétude ; on est sur le droit chemin.

 

Propos recueillis par Jaabu

 

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