Cancer au Sénégal
Près de 3000 cas enregistrés chaque année!
05 octobre 2023 à 15:20 | Par JaabuTv
Le Sénégal enregistre 1500 nouveaux cas de cancer du sein et 1000 du col de l’utérus, chaque année, selon la Ligue sénégalaise de lutte contre le Cancer (Lisca). Selon les données statistiques, le cancer du sein est reconnu comme étant le premier cancer au Sénégal, suivi du cancer du col de l’utérus.
Le directeur de l’institut Joliot-Curie du cancer de l’hôpital Aristide Le Dantec fait un diagnostic, sans complaisance, de la situation inquiétante du cancer au Sénégal. En plus d’exprimer son souhait de voir sortir de terre le Centre national d’oncologie à Diamniadio pour régler la question infrastructurelle, le développement des ressources humaines par des bourses de spécialisation (infirmiers en chimiothérapie, techniciens en radio, ingénieurs de maintenance, spécialisations classiques en chirurgie, en pathologie et chimiothérapie et psycho-oncologues), le directeur de l’institut Juliot-Curie, Pr Mamadou Diop, invite l’Etat du Sénégal à subventionner, de manière substantielle, certains médicaments.
Le Sénégal enregistre 1500 nouveaux cas de cancer du sein et 1000 du col de l’utérus, chaque année, selon la Ligue sénégalaise de lutte contre le Cancer (Lisca). Alors qu’on parle de la maîtrise de données fiables pour venir à bout de cette maladie qui est devenue un problème de santé publique, certains observateurs se demandent quelle stratégie est à mettre en place pour une cartographie de la situation ? Et comme toutes les pathologies, la maîtrise des statistiques sur les malades de cancer exige l’enregistrement de toutes les données sociodémographiques des personnes atteintes et celles concernant la maladie. Il faut déterminer son origine, les données bio-morphologiques. La confidentialité est importante dans le recensement des données. On parle de registre des tumeurs ; ce qui demande des moyens informatiques. Nous avions commencé à enregistrer les cas. Malheureusement, faute de ligne budgétaire, nous n’avons pas pu continuer. Ce qui fait que nous n’avons que les estimations faites par le Centre international de recherche sur le cancer et les données de l’institut de Le Dantec. Ces éléments permettent de situer le cancer du sein comme étant le premier cancer au Sénégal, suivi du cancer du col de l’utérus. Nous notons aussi la fréquence des cancers, notamment la prostate. Le registre des tumeurs est le meilleur moyen de maitriser les données. En ce moment, selon la Lisca, nous pourrons avoir une cartographie réelle de la fréquence de la maladie par localité. Ce registre est un investissement de moins de 100 millions FCfa par an.
La prise de diagnostic coûte entre 400 et 500 mille frs
Présidente de l’Association cancer du sein au Sénégal, qui lutte depuis dix ans contre les cancers féminins, Mame Diarra Kébé se félicite de la gratuité de la chimiothérapie. Mais, elle explique que ce n’est pas suffisant : «Une gratuité, c’est toujours bon, mais il y a un obstacle : c’est la prise de diagnostic, qui n’est pas à moins de 400 mille à 500 mille francs CFA. Ensuite, vient cette chimiothérapie, et après, vient la chirurgie. Le gros problème, c’est qu’il n’y a pratiquement pas de prise en charge dans les régions». Selon la Ligue sénégalaise contre le cancer, plus de 3 000 nouveaux cas de cancers du sein et de l’utérus sont diagnostiqués chaque année.
Depuis trois ans, la chimiothérapie est gratuite pour les femmes atteintes d'un cancer du sein au Sénégal. Une mesure qui n'a pas permis de faire baisser drastiquement les décès. La cause : le dépistage est encore trop peu pratiqué, aujourd'hui, dans le pays. Le cancer est une maladie qui ronge physiquement et économiquement ceux qui en souffrent.
«C'est très cher. Quand tout cela a commencé, j'ai dû vendre tout ce que je possédais», témoigne Awa Florence, une patiente atteinte du cancer. «Je n'ai plus rien. Je suis veuve et je n'ai pas les moyens de payer d'autres examens». Cette fonctionnaire, qui vit à Dakar, a été diagnostiquée l'année dernière d'un cancer du col de l'utérus.
Les scientifiques cherchent des indices sur la «naissance du cancer»
Le cancer est un problème croissant en Afrique, et le Sénégal est l'un des derniers pays à essayer d'améliorer les soins accordés aux patients, en subventionnant la chimiothérapie dans tous les hôpitaux publics. Le gouvernement affirme que les médicaments seront gratuits pour les femmes atteintes d'un cancer du sein ou du col de l'utérus, et jusqu'à 60% moins chers pour les autres types de cancer. Certains des médicaments essentiels nécessaires pour traiter les effets secondaires de la chimiothérapie seront également couverts, explique Khady Mbaye Sylla, directeur des hôpitaux publics, à la Bbc.
Samba FAYE

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