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FILLES ET SÉRIES SCIENTIFIQUES

Depuis des années, c’est le pari de l’école sénégalaise : inciter les filles à embrasser davantage les disciplines scientifiques.

23 octobre 2023 à 14:12 | Par JaabuTv

JaabuTv article

Depuis des années, c’est le pari de l’école sénégalaise : inciter les filles à embrasser davantage les disciplines scientifiques. Il a été tenu, à Kaolack, un atelier de bilan semestriel (d’avril à septembre 2022) lors des Cadres de concertation régionaux (Ccr) dans le cadre du projet : «Voix et leadership des femmes au Sénégal» (Vlf-Sénégal).

La gestion des ressources extractives a été au centre des débats lors de l’atelier qui a eu lieu à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack (Cciak). 

Présidente de l’axe centre du Cadre de concertation régional du projet «Voix et leadership des femmes au Sénégal», Fatou Fall Mbossé note qu’il s’agit de permettre aux filles de jouer leur partition dans le domaine scientifique. «Il faut surtout faire en sorte que les filles qui sont à l’école et qui constituent la majorité de la population, soient versées dans les matières scientifiques afin qu’elles puissent jouer pleinement leur rôle dans la gestion des ressources extractives», avance la responsable locale du projet dont le but est de renforcer le pouvoir des femmes et des filles, protéger leurs droits et atteindre l’égalité femmes-hommes. «Il faut les inciter à embrasser les matières scientifiques, au lieu de les laisser seulement aux garçons», ajoute-t-elle.



Les sciences n’attirent toujours pas plus de filles

Les femmes et les filles sont encore sous-représentées dans les filières scientifiques au Sénégal. C’est ce qui est ressorti de la dernière célébration de la Journée internationale des femmes et des filles en sciences. 

La communauté internationale a célébré la Journée internationale des femmes et des filles en sciences le 11 février passé. Au Sénégal, elle a été marquée par un atelier autour du thème : «Sciences et égalité des genres». La rencontre a été organisée par le Bureau régional multisectoriel de l’Unesco à Dakar, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et celui des Postes et des Télécommunications. L’exposé du Pr Soukèye Dia Tine a montré un faible taux de représentativité des filles dans les filières scientifiques au Sénégal. 

«30% seulement des filles fréquentent les séries scientifiques contre 70% de garçons. Dans le supérieur, les statistiques démontrent que les filles font moins de 30%. Et les chercheures ne représentent que 25%», a affirmé l’universitaire. 




Cette faible représentativité n’a rien à voir avec leur niveau et leur capacité intellectuelle. La conférencière a plutôt invoqué les facteurs et pesanteurs socioculturels comme les travaux domestiques, les mariages et les grossesses précoces. Cette faible présence des femmes dans les sciences est, selon Rufina Dabo, conseillère technique au ministère de l’Energie et directrice du Réseau international des femmes scientifiques et ingénieures, un défi majeur pour notre pays. Elle a également suggéré que l’on donne des femmes scientifiques en modèles afin de susciter des vocations auprès des collégiennes. L’augmentation de la représentativité des femmes dans le monde des sciences reste une priorité de l’Unesco qui croit que la réalisation des Objectifs de développement durable (Odd) passe en partie par l’autonomisation des femmes et des filles «par et dans la science»

Au Sénégal, les autorités ont pris une série de mesures discriminatoires pour inverser les tendances. Il s’agit de l’octroi de bourses pour des filles inscrites dans les filières scientifiques, le financement des travaux de thèses, la rédaction d’ouvrages et des voyages d’études. Faudrait-il aussi rappeler que le gouvernement a mis en place le Programme d’appui pour la promotion des enseignantes chercheures (Papes). Dans le moyen secondaire, il a été retenu la création d’un lycée scientifique et technique, la généralisation de l’apprentissage des sciences physiques dès la classe de quatrième. L’augmentation du coefficient et du crédit horaire pour les matières scientifiques a été aussi préconisée. 

Selon les panélistes, le Sénégal est sur la bonne voie. Les femmes scientifiques croient en l’amélioration des indicateurs dans les années à venir. Cette seconde édition de la Journée internationale des filles et des femmes en sciences a été marquée par une forte présence des Clubs Unesco des lycées de Dakar. 



Concours général 2022 : Les filles dament le pion aux garçons

Les résultats du Concours général sénégalais, édition 2022, ont révélé des secrets. Sur les 2179 candidats, on note 1284 candidats en classe de 1ere dont 780 filles et 895 élèves de Terminale (dont 465 filles). Au total, 101 candidats ont été primés. Les filles ont obtenu les meilleures notes du concours, avec 55 lauréats contre 46 pour les garçons.

C’est le public qui a pris le dessus sur le privé, car la meilleure élève du Sénégal est issue du Lycée d’excellence Mariama Bâ. Ces résultats ont été rendus publics, par l’ancien ministre de l’Education nationale, Mamadou Tall, dans le cadre de la préparation de la cérémonie de remise des prix aux lauréats et lauréates dudit concours.

«Les élèves des séries scientifiques ont encore, cette année, remporté la plupart des distinctions, y compris dans les disciplines des séries littéraires, aussi bien en Première qu’en Terminale, car, sur les 95 lauréats, 58 sont de la série S soit 61,05%. A l’issue du concours, Mlle Fatou Niang, élève en classe de Première S2 au Lycée d’excellence Mariama Bâ, a été désignée meilleure élève du Sénégal. Elle a obtenu le 1er prix en version latine, le 2ème Accessit en version grecque», avait fait savoir le ministre.

D’après lui, c’est Fatou Bintou Fall, élève en classe de S1 Lycée scientifique d’excellence de Diourbel, qui est désignée meilleure élève scientifique du Concours général pour les classes de première. Aussi, dit-il, Malick Sène, du Lycée scientifique d’excellence de Diourbel est désigné meilleur scientifique pour les classes de Terminale.

«Les sujets ont été, dans l’ensemble, d’un niveau d’exigence conforme aux épreuves habituelles du Concours général. Cette année, le nombre de candidats inscrits est de 2.722 (public et privé) contre 2.132 en 2021, soit 590 candidats de plus. Les candidats sont ainsi répartis : 1.622 inscrits en Première dont 992 filles et 630 garçons (Public et Privé) ; 1.100 inscrits en Terminale dont 543 filles et 557 garçons. (Public et Privé)», avait détaillé le ministre.

 

Le public devant le privé

Mamadou Talla avait informé également qu’au total 104 distinctions dont 53 prix et 51 accessits ont été enregistrés, dont 60 distinctions en Première et 44 en Terminale. Ainsi, on dénombrait 75 distinctions pour le public soit un pourcentage de 72,11% et 29 pour le privé, soit 27,89%.

«Sur les 104 distinctions, les filles ont totalisé 48 distinctions dont 25 Prix et 23 Accessits, soit 46,15% et les garçons ont eu 56 distinctions dont 28 Prix et 28 Accessits.

Les lauréats sont au nombre de 95 dont 46 filles et 49 garçons. En première, on a 54 lauréats dont 28 filles et 26 garçons et en Terminale, 41 lauréats, dont 27 garçons et 14 filles. En fonction des statuts, on constate que le public arrive largement en tête avec en Première 40 lauréats contre 14 dans le Privé ; en Terminale 26 sont contre et 15 dans le Privé», soulignait-il.

La cérémonie solennelle de remise des prix avait eu lieu le 11 août 2022 au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose, sous la présidence effective du Président de la République et avait pour thème : «Pour un système éducatif ancré dans ses valeurs et ouvert aux compétences du 21ème siècle : Quelles réformes curriculaires ?».

Samba FAYE

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