GOUVERNANCE
Faire le deuil d’un avortement spontané
Faire le deuil signifie accepter la disparition. Comment accepter la disparition de quelqu’un qui n’a pas encore existé, que l’on n’arrête pas d’imaginer encore et encore?
16 janvier 2024 à 10:31 | Par JaabuTv
Faire le deuil signifie accepter la disparition. Comment accepter la disparition de quelqu’un qui n’a pas encore existé, que l’on n’arrête pas d’imaginer encore et encore?
On se dit que d’autres femmes ont vécu pire. La souffrance est peut-être moindre que celle d’un enfant qu’on a tenu dans ses bras mais la déchirure reste la même.
Chaque matin, se lever, se doucher tel un automate, rire, sourire alors qu’on est vide à l’intérieur, parfois quelques larmes s’échappent et un florilège de sentiments afflue.
Peut-on faire le deuil pour un enfant qui n’est pas encore né ? pour une grossesse non sue, que l’on découvre après l’avoir perdue. Et on remercie le Créateur, en se disant que c’est la meilleure chose qui puisse arriver.
« Mamange » cette appellation que l’on découvre d’un coup. Sans le savoir, faire partie du groupe des mamans des anges. Combien de femmes vivent cette déchirure, dans leur être, dans leur chair ? Comment s’en remettent -elles ?
A t-on un chiffre précis sur toutes les femmes qui perdent leur bb avant 3 mois?
Avant même que ne se développent les signes de la grossesse.
Toutes sorte de questions se bousculent, affluent à notre cerveau. Est-ce qu’on ose les poser ?
Et cette culpabilité de n’avoir pas su reconnaître les signes, de n’avoir pas fait assez attention.
Le coupable ?? ? Peut-être un univers professionnel où on étouffe l’humain au profit de la performance ? Une société qui attend beaucoup de nous? le stress ? l’épuisement ? le destin ? qui sait seulement.
Et tout Le tabou autour de cette question
La pudeur, la honte d’aborder le sujet.
Il parait que le seul remède est d’en parler. A qui demander?
Où trouver cette oreille attentive dans ce monde de fous furieux, où tout le monde court sans cesse derrière quelque chose.
Au Sénégal, on croit que seuls les fous doivent faire une thérapie, parler à un psychologue ne fait pas partie de nos habitudes. On a honte de dire que l’on raconte nos traumas à un professionnel de la santé mentale pour éviter d’être caricaturée comme folle.
Et il n’y a rien de pire que d’affronter le regard des autres, pleins de pitié ou de reproches parfois. Qu'est qu'elle attend pour faire un héritier à son mari? Depuis le temps qu'on attend.
Comment croiser le regard de l’être aimé, qui lui aussi fait son deuil à sa façon ; qui souffre tout autant et qui jamais ne voudra avoir cette conversation.
On ne trouve que le silence comme échos, là où on a besoin d’une oreille compatissante, une épaule sur laquelle s’épancher.
On prie, on remet tout au créateur. Puis on s’efforce de ne plus y penser et on avance. On croit avoir oublié.
Et c’est ce trop-plein de charge mentale, passionnelle, émotionnelle qui finit par revenir tel un boomerang.
Comment rester silencieuse alors que tout ce qu’on veut c’est hurler au monde sa douleur, sa rage et sa frustration. Sa déception.
On ne peut s’empêcher de l’imaginer, son sexe, son identité, son visage, son caractère ?
Puis on franchit les 5 étapes du deuil
-Le déni, La colère, le marchandage, la dépression
Et enfin l’acceptation.
Toute ma compassion à toutes les femmes qui traversent cette épreuve.
BY JAABU

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