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Adja rose Basse : Mére Nation, une héroïne de la conquête de l’indépendance

Alors que les manuels d’histoire s'attardent volontiers sur les pères de la nation, l’ombre des « Mamans de l’Indépendance » plane toujours sur les fondations de notre République. Parmi elles, une figure de proue incarne la résistance, la mobilisation de masse et la ferveur politique. Certains se souviennent de sa grande beauté, (effigie de l’ancien billet de 5000 de la BCEAO), d’autres de son éloquence mais pour tous elle reste surtout une maman de l’indépendance du Sénégal.

 

Alors que les manuels d’histoire s'attardent volontiers sur les pères de la nation, l’ombre des « Mamans de l’Indépendance » plane toujours sur les fondations de notre République. Parmi elles, une figure de proue incarne la résistance, la mobilisation de masse et la ferveur politique. Certains se souviennent de sa grande beauté, (effigie de l’ancien billet de 5000 de la BCEAO), d’autres de son éloquence mais pour tous elle reste surtout une maman de l’indépendance du Sénégal.

 

03 avril 2026 à 14:05 | Par JaabuTv

JaabuTv article

 

Adja Rose Basse est née vers 1920 et s’est éteinte le 31 octobre 2005, après une vie bien remplie dans l’action politique.  Son engagement militant date de la période de lutte collective pour la conquête des libertés fondamentales, c’est à dire de la fin de la deuxième Guerre mondiale à l’accession de notre pays à l’indépendance. D'abord membre de la SFIO, Adja Rose Basse deviendra vice-présidente de l'Union des femmes du Sénégal (UFS)

Elle s'initie à la politique en 1946 auprès de Lamine GUEYE au sein du parti socialiste.

Adja Rose Basse n'était pas une simple militante de base. Dès 1946, elle comprend une vérité fondamentale : la liberté politique ne vaut rien sans l'autonomie économique des femmes. Elle fonde le Mouvement des femmes travailleuses du Sénégal, prouvant que la lutte pour l'indépendance se jouait aussi sur le terrain du droit au travail et de la dignité sociale

Adja Rose Basse faisait partie des porteurs de pancartes face au Général De Gaulle le 26 aout 1958. Son nom est indissociable du mythique rassemblement de la Place Protêt (actuelle Place de l'Indépendance). Ce jour-là, face au Général de Gaulle, elle fait partie de cette avant-garde de porteurs de pancartes qui exigent une rupture nette avec la colonisation.

Représentant l'Union des femmes du Sénégal (UFS), elle a marqué le congrès du (PRA) qui s'était tenu à Cotonou en 1958 où elle avait pris la parole demandant l'indépendance immédiate. Les témoins racontent qu’elle a harangué les hommes présents en leur disant « SI VOUS TREMBLEZ , SI VOUS AVEZ PEUR, NOUS LES FEMMES IRONT SANS VOUS »

 

Fidèle à ses principes et proche de Mamadou Dia, elle paiera son engagement au prix fort. Lors de la crise politique de 1962-1963, elle subit l'incarcération. Mais la prison n'éteindra jamais sa flamme. Jusqu'à son dernier souffle en 2005, elle est restée cette "sentinelle", rappelant sans cesse que les femmes ont financé, organisé et porté la nation.

« Nous n'étions pas des figurantes. Nous étions les stratèges de l'ombre et les forces vives du grand jour. »


Parler du militantisme de Adja Rose Basse, revient à parler du rôle de la femme sénégalaise dans cette dynamique de lutte menée par les partis politiques pour l’indépendance.
« En effet le mot indépendance est apparu dans le langage des masses dans les années cinquante, comme l’aboutissement des luttes menées tout au long de notre histoire contre les inégalités et les contradictions nées du système colonial », disait elle lors d’un colloque en octobre 1996.

Elle poursuivait en ces termes : «le parcours des femmes (dans cette action politique) sera donc celui de toute la classe politique, syndicale, intellectuelle des Sénégalais conscients »

 

Rose Basse savait bien inspirer les femmes de la scène politique, des mouvements syndicaux et de la société civile. Elle est à l’origine de la création du mouvement des travailleuses

Elle a été rappelée à DIEU le 31 octobre 2005. Jusqu’à présent, ses voisins à la Sicap Karack de Dakar se souviennent d’elle comme « Mére Nation »
                                                                              

Diabou BESSANE

 

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