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CAROLINE PENDA FAYE DIOP : la première représentante du « peuple féminin » à l’Assemblée nationale du Sénégal

 

Bien que le droit de vote leur ait été accordé suite à la loi № 46-940 de 1946 rapportée par Lamine Gueye, seules, les femmes des quatre communes que furent Gorée, Dakar, Rufisque et Saint-Louis, étaient concernées. C’est avec le suffrage universel, instauré par la loi-cadre de Gaston Deferre en 1956 que toutes les femmes d’Afrique occidentale Française, tout comme les hommes, âgées de vingt et une ans, pouvaient désormais, être électrices et éligibles.

 

11 décembre 2024 à 07:08 | Par JaabuTv

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Toutefois, les femmes Sénégalaises n’ont pas attendu cette date pour entrer dans l’arène politique qui avait forcément besoin d’elles. À la veille du second conflit mondial où les peuples d’Asie et d’Afrique dont le Sénégal, affichaient très fort leurs aspirations à la souveraineté, les femmes étaient aux cotés des hommes, très engagées dans la lutte de libération. De la grève des Cheminots de Thiès en 1947 jusqu’à l’indépendance en 1960, les femmes étaient au cœur de la vie politique Sénégalaise. Or, militantes de premières heures, porteuses de pancartes, un poids électoral fort, les femmes ont été limitées du rôle important qu’elles pouvaient jouer dans les instances de partis et surtout étatiques.

En effet, le premier gouvernement du Sénégal ait été composé que de masculins qui pourtant, quelques parmi eux, eurent la même formation que certaines femmes. Par ailleurs, à l’Assemblée nationale, aucune femme n’y était présente pour assurer la plaidoirie de la gent féminine. Il faudra attendre par conséquent, les législatives de 1963 pour que « le peuple féminin » obtint sa première représentante à l’hémicycle, Caroline Penda FAYE DIOP.

Née le 11 juillet 1923 à Foundiougne, un département de la région de Fatick, dans le centre du Sénégal, Caroline Penda FAYE DIOP, est issue d’une famille sérère. Sortie de l’école normale des jeunes filles de Rufisque, elle fut une institutrice.

Elle a commencé l’enseignement à Louga où en dehors de ses capacités d’institutrice, elle aidait les femmes dans l’éducation des enfants et les conscientisait sur le rôle important qu’elles devaient jouer dans l’évolution de la société. Convertie à l’islam, elle fut la femme du ministre et député Demba DIOP assassiné en 1967.

D’un père et d’un oncle politiciens, Caroline FAYE DIOP fut engagée en politique en 1945. Elle militait à l’époque dans les rangs du parti qui peut être, fut celui de l’indigénat, le Bloc

Démocratique Sénégalais (BDS) crée par Léopold Sédar Senghor en 1948 suite à son départ de la Section Internationale Ouvrière (SFIO) de Lamine Gueye qu’il taxait de népotisme. Faisant parti des premières élites féminines du Sénégal, l’institutrice, qui forçait respect et admiration au sein du milieu intellectuel de l’éducation, s’était fait également dessiner une personnalité importante dans l’échiquier politique. Au sein de son parti, à chaque fois réunie, Caroline FAYE DIOP dégageait les maux qui, longtemps, pourtant dans les temps modernes, continuait de freiner l’émancipation de la femme. Elle réclamait avec toutes les femmes une présence au sein des instances de décisions et du parti et de l’Etat. Par conséquent, en 1963, membre du bureau politique de l’Union Progressiste Sénégalaise (UPS), actuelle Parti Socialiste (PS), ancien Bloc Populaire du Sénégal (BPS) qui fut tout simplement, le fruit de la réconciliation des Socialistes, Caroline FAYE DIOP, en vue des élections législatives, fut inscrite dans la Circonscription de l’UPS.

Dès les campagnes électorales, avec l’effervescence qui s’y régnait d’où la solidarité exceptionnelle des femmes autour de sa candidature, Caro comme l’aimait appeler ses consœurs, éloquente et pertinente, avait déjà effacé tous les préjugés cherchant toujours à priver la femme sénégalaise de sa part entière de responsabilité dans les instances de décisions. Elle était prête à porter la robe noire (Avocate) pour promouvoir la femme sénégalaise.



« La charge est lourde, bien lourde ! mais ne croyez surtout pas que je vais la porter seule… ! A la place que j’occupe actuellement, je ne suis que votre déléguée ! ...Je ne dirai et ne ferai que ce qui correspond à l’idéal que vous vous êtes fixé, femmes du Sénégal. » (Revues AWA)

À l’Assemblée nationale, Caroline Faye Diop, seule femme, menait à bien le combat pour l’émancipation de la femme. Elle ne cessait de faire des propositions pour une amélioration

des conditions de vie des femmes et de les défendre dont les allocations des bourses et surtout le code de la famille qu’elle avait d’ailleurs demandé au congrès de l’UPS de les aider en avoir en 1957, bien avant qu’elle ne soit député. Elle sillonnait le pays à la rencontre des

femmes afin de s’enquérir de leurs conditions de vie pour les exposer au parlement.

 

En outre, présidente des femmes socialistes, elle avait œuvré pour que les femmes aient plus de sièges à l’Assemblée nationale. Par conséquent, en 1974, l’Organisation des nations unies, dans le but de promouvoir le développement de la femme, avait lancé à Mexico la

décennie de la femme. À la sortie de cette conférence, dans le monde, les femmes commencèrent à être de plus en plus responsabilisées. De la même année, la hiérarchie politique est bouleversée au Sénégal avec un « nouveau-né », le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) de maitre Abdoulaye Wade qui prônait une participation effective des femmes dans les instances étatiques. Ainsi, Caroline Faye Diop gagna son combat. Elles furent désormais, quatre à représenter la communauté féminine à l’hémicycle : Caroline FAYE DIOP, Awa DIA THIAM, Léna DIAGNE GUEYE et Anne Marie SOHAI.

Son travail remarquable à l’Assemblée nationale lui avait valu son entrée dans le gouvernement en 1978 en tant que ministre de l’action sociale ; devenant à ce fait, la première femme sénégalaise ministre et députée. De plus, Caro fut secrétaire générale de l’organisation panafricaine des femmes et première adjointe du mouvement des femmes africaines. Caro fut une patriote qui durant toute sa carrière politique avait non seulement bataillé pour la promotion des femmes, mais aussi défendu les positions politiques et stratégiques de son pays dans les moments ou la géopolitique du monde était chamboulée notamment en Afrique où existait des crises politiques très graves.

Décédée le 29 juillet en 1992, Caroline Faye Diop figure marquante de l’histoire politique du Sénégal et de la lutte pour l’émancipation des femmes, fut un député du « peuple féminin ».                                                                                       E I THIAM

 

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