Heritage
FACE AUX DERAPAGES NOTES AVEC LE HENNE TIME
Fêter sous le sceau de la mesure, la voie de salut
05 octobre 2023 à 15:20 | Par JaabuTv
Face aux dérapages de toutes sortes, Rokhaya Diop, une bonne dame, âgée de 25 ans, souhaite que le Henné Time soit, dorénavant, fêté sous le sceau de la mesure. C’est la démesure qu’elle dénonce. Rokhaya déplore l'exagération notée ces derniers temps dans cette pratique ; même si, elle opte «pour sa pérennisation malgré tout».
«Je pense que le gaspillage d'argent et l'exhibitionnisme sexuel n'ont pas leur raison d'être dans la culture du Henné Time. Je ne vois pas l'utilité de dépenser autant d'argent durant la célébration du Henné Time juste pour se faire voir. Il faut penser à l’après mariage. Certes le Henné Time fait bien partie de notre culture, de notre tradition, mais il ne doit pas y avoir d'exagération. Faisons-le dans la sobriété comme cela se faisait avant», préconise Rokhaya Diop.
Cette dernière compte «célébrer cette pratique le moment venu, mais autrement». Tout doit être enrobé dans le voile de la pudeur, de la dignité, estime Rokhaya, car la femme ne doit pas laisser son corps se faire admirer, par tous les regards. Son constat amer est qu’«il y a un abus dans la célébration du Henné Time au Sénégal. Et cela n’honore pas la femme». «Je compte bien célébrer le Henné Time mais, dans la sobriété et en respectant nos valeurs traditionnelles. Pour moi, le Henné Time est une fierté de montrer qu'on appartient à telle ou telle ethnie tout en gardant ce charme propre aux habits et à la mise en beauté d’antan», soutient Rokhaya Diop.
Une «fête inutile»
En outre, Matar Sall et Mamadou Diallo défendent un autre point de vue. Selon eux, c’est un moment de gaspillage d’argent qui n’a pas de sens. «Si je me marie et que ma femme fait cela, ce sera la fin. Le processus de mariage sera interrompu. Je n’aime pas les foutaises. Je ne vois même pas l’utilité du Henné Time. Cela n'a aucun sens. C'est juste un moment de gaspillage d'argent déguisé à la veille du mariage. Les jeunes filles conscientes et nanties ne s'adonnent pas à cette pratique. Le plus souvent, ce sont les pauvres qui s'adonnent à ces genres de gaspillage et elles se retrouvent avec d’énormes difficultés tout juste après le mariage», argumente Matar Sall.
Les filles doivent épargner leur époux de ces dépenses, à défaut de fêter le Henné Time dans la sobriété. «Mais dépenser de l’argent la veille du mariage, le jour du mariage et vous voulez que les hommes gèrent toutes les futures dépenses, ce n’est pas possible. C'est exagéré. Si cela continue, les hommes ne vont plus s'engager dans des mariages, car ce sont des dépenses supplémentaires qu’on leur impose. Il faut éliminer ces genres de pratiques dans la société», fulmine Mamadou Diallo.
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